Malgré tous mes efforts, je n’arrive pas à aller au cinéma. Impossible de claquer huit euros pour voir le film d’un jeune auteur inconnu mais sans doute prometteur, dont les critiques positives ne me suffisent pas à courir le risque d’une dépense inutile. Par ailleurs, le manque d’un salaire fixe m’empêche pour l’instant de m’enchaîner au forfait mensuel de l’une des deux grosses machines françaises de la distribution. Alors je me rabats sur les standards, et, en ce début d’année, je ne suis pas déçu : Lynch et Friedkin assurent toujours autant, avec leurs œuvres terrifiante et complexe (pour l’un), terrifiante et efficace (pour le second). Malgré tout, mon lecteur DVD et des amis généreux me permettent des découvertes de qualité. Ainsi du docu-fiction tourné autours de l’univers du Clash et de l’angleterre en crise par Jack Hazan et David Mingay en 1977-78, sorti en 1980.
Ray est un jeune punk abruti par la bière et sans doute une débilité congenitale.
Il travaille dans un sex-shop avec un je-m’en-foutisme qui lui fait honneur et crache en fronçant les sourcils lorsqu’il croise des manifestants énervés par l’état lamentable de leur pays. Il adore par dessus tout la musique des Clash mais ne comprend pas leur engagement politique. Il trouve par exemple étrange que des noirs chantent, à leurs concerts, « White Riot ». Il dit, jetant un œil au fond de sa
canette et s’essuyant les doigts sur son t-shirt Bob Marley : « c’est comme si moi je chantait Jah Rastafari… ». Il tente de s’intégrer à une tournée du groupe en s’improvisant roadie, mais passe son temps à se gratter la tête et à se demander comment diable assembler les differentes parties de la batterie. Du coup, Topper Headon le fait participer à son entraînement de boxe en lui tapant dessus. Ceci dit, les jeunes punkettes du coin sont apparement aussi déglinguées que lui puisqu’elles acceptent de passer la nuit avec ce branleur dans la chambre du manager qui, magnanime, s’enroule dans sa couverture et va dormir dans le couloir. Joe Strummer essaie d’expliquer à ce cretin qu’il faut tenter de changer la société mais le rude boy répond que quand même, il aimerait bien devenir riche, et le reste il s’en bat les couilles. Aussi, les Clash font un effort désespéré pour se débarrasser de la racaille skinhead qui les colle comme des morpions en participant au festival « Rock Against Racism », mais ça ne marche pas trop : Ray est toujours là. Alors Mick Jones lui dit qu’il le tient à l’œil, hein, pas de conneries, et le bon Joe lui demande : « Mais bordel, quand est ce que tu vas faire quelque chose de ta vie ? » Comme quoi les Clash ne sont pas des vrais punk. Enfin, il y des passages en concert absolument magnifiques qui prouvent que les Clash sont un grand groupe de rock. Ce film est bordélique, maladroit, bizarrement monté, très bien filmé et passionnant.
Ray est un jeune punk abruti par la bière et sans doute une débilité congenitale.
Il travaille dans un sex-shop avec un je-m’en-foutisme qui lui fait honneur et crache en fronçant les sourcils lorsqu’il croise des manifestants énervés par l’état lamentable de leur pays. Il adore par dessus tout la musique des Clash mais ne comprend pas leur engagement politique. Il trouve par exemple étrange que des noirs chantent, à leurs concerts, « White Riot ». Il dit, jetant un œil au fond de sa
canette et s’essuyant les doigts sur son t-shirt Bob Marley : « c’est comme si moi je chantait Jah Rastafari… ». Il tente de s’intégrer à une tournée du groupe en s’improvisant roadie, mais passe son temps à se gratter la tête et à se demander comment diable assembler les differentes parties de la batterie. Du coup, Topper Headon le fait participer à son entraînement de boxe en lui tapant dessus. Ceci dit, les jeunes punkettes du coin sont apparement aussi déglinguées que lui puisqu’elles acceptent de passer la nuit avec ce branleur dans la chambre du manager qui, magnanime, s’enroule dans sa couverture et va dormir dans le couloir. Joe Strummer essaie d’expliquer à ce cretin qu’il faut tenter de changer la société mais le rude boy répond que quand même, il aimerait bien devenir riche, et le reste il s’en bat les couilles. Aussi, les Clash font un effort désespéré pour se débarrasser de la racaille skinhead qui les colle comme des morpions en participant au festival « Rock Against Racism », mais ça ne marche pas trop : Ray est toujours là. Alors Mick Jones lui dit qu’il le tient à l’œil, hein, pas de conneries, et le bon Joe lui demande : « Mais bordel, quand est ce que tu vas faire quelque chose de ta vie ? » Comme quoi les Clash ne sont pas des vrais punk. Enfin, il y des passages en concert absolument magnifiques qui prouvent que les Clash sont un grand groupe de rock. Ce film est bordélique, maladroit, bizarrement monté, très bien filmé et passionnant.- The Clash - 1977 (compilation Super Black market Clash, 1993)
- The Clash - Groovy Times (idem)
- The Clash - Gates Of The West (idem)

14 commentaires:
tu as encore 48h pour te faire des séances a 3euros ou quelque chose comme ça ( le printemps du cinema)
Ah grand film... ;-)
Et les émeutes de Brixton, la montée de l'éxtrême droite !?
Ce film n'est pas que la mise en scène de ce pseudo-punk stupide, mais une justification de la position politique des Clash (euh en fait de Joe Strummer)...
Punk's not Dead !
@ phe : yep merci du rappel. Je vais essayer d'en profiter
@berlin : il me semble que si tu lis bien, je parle de tout ça... enfin, peut être pas assez de la position politique de Joe Strummer. Qui est, grosso modo : "putain mais quel merde ce monde comment essayer d'arranger un peu les choses?" ce qui l'amène à réflechir, dans ses textes parce que dans sa vie, aux différentes solutions que la vie politique lui propose. Ainsi, la séquence ou il explique vaguement ce que sont les brigades rouges. Strummer n'est pas un leader convaincu de quoi que ce soit, il se contente de se poser des questions à haute voix. Et c'est très bien comme ça...
Un de mes films preferés et assurément la meilleure bo jamais entendu.
Le principal theme, selon moi, est quand même l'absence totale d'avenir de la jeunesse en 77 (comme aujourd'hui).
Strummer n'assene rien "Et c'est très bien comme ça... ". Et si les Clash sont les plus punks par leur ouverture musicale, par les limites qu'ils ont su franchir.
Moi le Lynch m'a vraiment ennuyé. Je me suis promis d'y retourner mais depuis j'ai abandonné...
les clash, c'était le punk avec la classe et l'intelligence en plus.
@bernard black : je profite d'avoir abordé le sujet punk de front pour me lâcher:
Je ne suis pas certain que le punk (anglais) soit synonyme d'"ouverture musicale", si l'on excepte l'intérêt de quelques groupes pour le reggae ou le funk (Gang of Four, PIL, The Slits). Ce sont souvent des groupes de la seconde génération. Le punk (anglais toujours) de 77 était justement caracterisé par ses limites (géographiques, sociales, musicales). Pour moi, des albums comme London Calling ou Sandinista prouvent que le Clash a dépassé la définition première, parfois réductrice, du punk, pour devenir un groupe de rock à part entière...
@hazam : le Lynch est un peu long, je te l'accorde, et lance pas mal d'idées en l'air sans se soucier de les rattraper... ce n'est pas un grand film, mais une porte grande ouverte sur l'inconscient de son créateur. En tout cas, merci d'être passé par ici, j'ai enfin pu retrouver ta trace.
@hundred : je ne peux qu'acquiescer, même s'ils n'ont pas été les seuls...
évidemment si tu parles des Clash tu parles à mon coeur...Sinon claqué 8 euros hier soir pour le dernier Jérôme Bonell : une vraie bouse, donc effectivement, quand on sait que pour le même prix on s'offre un Ford en DVD...
@ lidell : oui je savais bien que je ne prenais pas trop de risques de popularité avec cette note... comme quoi le punk n'est plus exactement subversif... quant aux DVD, moi en général je m'attaque aux Godards à un euros.
Et le meilleur moment de ce film c'est peut être le Stay Free en studio avec Mcik Jones au chant...
chouette post qui donne envie de revoir le Clash
@civilservant : merci bien.
(désolé je ne vais pas développer j'ai déjà ecris des commentaires beaucoup plus longs qu'à l'ordinaire...)
En même temps vous êtes bien gentil de trouver une dimension "politique" a Joe Strummer.
"En Russie c'est comme ici, c'est plus les prolos qui commandent"
La lune est ronde Joe.
Evidement quand Mick Jones chante ses copains en tôle...
L'observation sociale non donneuse de lecon vieilli moins mal...
c'est autre chose que des slogans a 2 balles que les créteux ce sont empressés de parodier en plus ordurier.
(Ha jimmy pursey braillant White Riot)
C'etait supposé plus "punk" sans doute.
Je ne pense pas qu'un beauf puisse être vraiment "punk".
"Follow no one , lead yourself".
Quel dommage que les "punks" de seconde generation n'ai pas compris ca.
Apres juste pour l'anecdote, le Joe qui admetait avoir été "Stalinien" au debut du Clash, s'est retrouvé a coller sa tele dans la tronche d'un creteux qui lui reprochait de se vendre et de ne plus etre punk.
Le "manque d'ouverture" du type l'avait enervé...
"It's not easy"
(Comme disaient les Stones, que le clash veut enterrer-A juste titre- dans "1977" et que Strummer allait voir religieusement 15 ans plus tard...)
"Westway to the World " est assez hautement recommandé aussi comme film sur le groupe.
...Viens de sortir un nouveau film de Julian Temple sur Joe Strummer.
http://uncutvideo.aol.de/videos/6653a04020ef8bc3bbd4867cad96d688
des amis l'ont vu, ils le recommandent
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