Etendu sur son banc, le vieux punk triste s’est endormi.
Dans quelques minutes, ou dans quelques heures –tout dépendra du temps de sommeil qu’il aura à récupérer- il se lèvera, et se dirigera vers le bâtiment massif en bas de l’avenue.
La semaine passée à mendier sans vergogne, comme il ne savait plus le faire depuis longtemps, lui aura permis de s’approvisionner en baguettes de pain et en bouteilles de bières.
Descendant l’avenue, il ne fera plus attention aux citoyens ordinaires, aux gens habillés et parfumés, à leurs regards plein de frayeur et d’incompréhension. Il ne fera plus attention à l’écard significatif qu’exécuterontt ces personnes en le croisant.
Le sourire au lèvres, il marchera, enfin, vers un but.
…
Au hasard, il choisira un quai, celui dont le numéro lui plaira, ou bien celui qui sera à l’ombre, ou encore celui où il trouvera les plus jolies filles, qu’il pourra suivre alors sans craindre qu’elles changent brusquement de station.
Il observera la foule, compacte, stressée même à l’heure du départ en vacances, et se sentira lèger, rapide, enfin supérieur. Sa sacoche contenant l’essentiel, dont un roman bas de gamme trouvé par terre, abandonné en milieu de lecture, et sur lequel il s’amusera à griffonner ses impressions, à raturer les phrases pour en réécrire d’autres, des phrases qu’il aura envie de relire.
Il se glissera danss une voiture, évitera la première classe pour rester discret, il sait bien comment ça marche, il aura une brusque envie de pisser au moment du passage du contrôleur. En s’asseyant, il pensera à cette montée d’adrénaline du clandestin, il se sentira jeune à nouveau.
…
Croisera-t-il ces frèles grands-mères à brushing avec leurs bagages trops lourds pour elles ? Les aidera-t-elles à caser leurs valises ? Ou bien sera-t-il trop occupé à fixer le paysage se modulant sous ses yeux ? Cassera-t-il la gueule de celui qui débarquera, furieux, en protestant que cette place est la sienne, réservée, marquée, nommée, payée ? Ou bien se baladera-t-il dans le train, de long en large, ayant oublié la notion d’enfermement dans l’espace ? Rencontrera-t-il une lolita feuilletant Lolita, les jambes croisées et les yeux pétillants ? Des joueurs de cartes passionnés? des chats miaulants désespéréments dans leurs paniers ?
…
Le vieux punk ouvre les yeux et tourne la tête, lentement. Son regard se pose sur le bâtiment massif en bas de l’avenue. Sa tristesse a disparu.
Get out of town...
Dans quelques minutes, ou dans quelques heures –tout dépendra du temps de sommeil qu’il aura à récupérer- il se lèvera, et se dirigera vers le bâtiment massif en bas de l’avenue.
La semaine passée à mendier sans vergogne, comme il ne savait plus le faire depuis longtemps, lui aura permis de s’approvisionner en baguettes de pain et en bouteilles de bières.
Descendant l’avenue, il ne fera plus attention aux citoyens ordinaires, aux gens habillés et parfumés, à leurs regards plein de frayeur et d’incompréhension. Il ne fera plus attention à l’écard significatif qu’exécuterontt ces personnes en le croisant.
Le sourire au lèvres, il marchera, enfin, vers un but.
…
Au hasard, il choisira un quai, celui dont le numéro lui plaira, ou bien celui qui sera à l’ombre, ou encore celui où il trouvera les plus jolies filles, qu’il pourra suivre alors sans craindre qu’elles changent brusquement de station.
Il observera la foule, compacte, stressée même à l’heure du départ en vacances, et se sentira lèger, rapide, enfin supérieur. Sa sacoche contenant l’essentiel, dont un roman bas de gamme trouvé par terre, abandonné en milieu de lecture, et sur lequel il s’amusera à griffonner ses impressions, à raturer les phrases pour en réécrire d’autres, des phrases qu’il aura envie de relire.
Il se glissera danss une voiture, évitera la première classe pour rester discret, il sait bien comment ça marche, il aura une brusque envie de pisser au moment du passage du contrôleur. En s’asseyant, il pensera à cette montée d’adrénaline du clandestin, il se sentira jeune à nouveau.
…
Croisera-t-il ces frèles grands-mères à brushing avec leurs bagages trops lourds pour elles ? Les aidera-t-elles à caser leurs valises ? Ou bien sera-t-il trop occupé à fixer le paysage se modulant sous ses yeux ? Cassera-t-il la gueule de celui qui débarquera, furieux, en protestant que cette place est la sienne, réservée, marquée, nommée, payée ? Ou bien se baladera-t-il dans le train, de long en large, ayant oublié la notion d’enfermement dans l’espace ? Rencontrera-t-il une lolita feuilletant Lolita, les jambes croisées et les yeux pétillants ? Des joueurs de cartes passionnés? des chats miaulants désespéréments dans leurs paniers ?
…
Le vieux punk ouvre les yeux et tourne la tête, lentement. Son regard se pose sur le bâtiment massif en bas de l’avenue. Sa tristesse a disparu.
Get out of town...- Neil Young - Revolution Blues (On The Beach, 1974)
- Neil Young - For The Turnstilles
- Neil Young - On The Beach

25 commentaires:
J'ai donc l'honneur d'être le premier à partager les rêves du vieux punk...bonne route à lui.
[PS: code de securité MKFUI...]
le vieux punk salue en retour l'ex-berlinois en partance lui aussi, et se demande ce que "code de sécurité MKFUI" signifie...
"fuir là-bas fuir"...
... moi aussi j'm'en vais bientôt !
j'aime bien l'idée de biffer les phrases d'un roman et d'écrire ce que l'on a envie d'y voir
@octopuce: yep. peut-être se croisera-t-on au détour d'un rocher?
@phe: en même temps, ça coûte plus cher qu'une ramee de papier vierge...
Bon bah si c'est comme ça moi aussi je me casse tiens !!! Ah bah ouais, c'est comme ça ! Non maais !
Et puis si ça me chante je vous ferais une chronique sur Metz, la Lorraine et la Moselle !
La Croatie, Montpellier, c'est quoi ça quand on a la la fameuse cathédrale de Metz devant soit ! hein?
Rien !
Là.
Ps: comme pour BB, occupe toi bien d'"Elle".
Ps2: toujours aussi jeune....
tiens, c'est comme une maladie extrement transmissible. J'ai une envie vaine de partir et de prendre ce fichu train pour voir de nouveaux horizons (ou d'anciens, allez savoir).
merci l'ami (et merci une seconde fois pour le lien)
@l'anonyme: Metz, pourquoi pas... après tout, c'est peut être là-bas que se dirigera le train dans lequel grimpera notre ami le vieux punk.
@maks: transmissible, oh oui, je m'en rends compte... et puis de rien.
Pas de flics à la sortie du train pour venir le cueillir. Une jeune fille en robe blanche. Un chapeau bleu démesuré. Un sourire.
Le ton de vos post change de semaine en semaine. L'impression que vous trouvez une voix. Très chouette.
Il ne faut pas parfois chercher trop loin pour s'évader... Une dizaine de (kilo)mètres suffisent parfois.
@la muse des bois: ce fut une charmante surprise pour le vieux punk...
@totagata: eh bien, merci. voilà un compliment qui ne sera pas oublié.
@hundred: ben, je pensais ça aussi, mais je n'en suis plus vraiment sûr...
Sad, si tu n'es pas sur je te propose de faire un tour vers Metz dès que c'est possible et tu verras qu'a coups de fuseau lorrain et de mirabelle tu sauras qu'a 1h20 de Paris (en 2007 mais bon...) tu seras totalement dépaysé ! (2 jours de congés supplémentaires, les prètres payés par vos impots, et la distilerie officiellement légale pour tous...Si c'est pas dépaysant ça !).
@ Sad et la muse des bois : comme c'est touchant...
Mon cher triste punk, au fil de tes écrits, j'ai constaté à ma grande stupéfaction que tu avais fait un sacré ménage dans ton panthéon musical... exit Jo le vilain mioche et disparu les citrouilles éclatées (c'est presque du Birkin dis donc!)...Est-ce que j'ai renié la musique countrie et pow-wo moi? -oui, bon ok, ça s'imposait, mais toi, le punk, tu peux pas balayer à coup de Tool "dispite of my rage" même si "l'instrument" si prête bien! Oubli d'être old mon punk, sois juste sad si tu veux!
au fait, je suis ptet en retard, mais j'ai appris seulement hier que Billy Preston n'est plus de ce monde depuis peu, jen pleurs encore!!
Mon cher maori, ne vous inquietez pas, c'est une phase naturelle: l'été est chez moi déclencheur de musiques plus calmes... d'autre part, on ne peux pas passer sa vie à ressasser son adolescence. Mais le vieux punk, qui avait subrepticement tendance à se métamorphoser en hippie, reviendra très bientôt à des musiques plus métalliques...
PS:cherchant à voir qui vous etiez, je n'ai pu que constater que vous etiez un bloggeur sans blog. étrange...
P'tain, je viens de comprendre, le maori, ah oui, très fort... alors, à quand ce blog? et qui est Billy Preston?
billy preston, clavier des Beatles et des Stones... Dans Get back entre autre, tu peux l'entendre...
Quand au blog, pourquoi pas, mais quel en sera le sujet? les paradis artificiels?
Pour les sonorités plus métalliques, le vieux punk connait-il la nouvelle Mère des Loups (à savoir Wolfmother, la dernière trouvaille de mes confrères Aborigènes)? Ca sonne comme du Led Zep qui aurait couché avec Black Sabath, bref que de la musique qui sait charmer mes oreilles friandes de vieilleries!
www.wolfmother.com, ça te donnera une petite idée, avec notament l'écoute du tître "dimension"!
j'confirme Wolfmother c'est cool.
Je plussoie
Et il revient quand le vieux punk? Je commenais à bien aimer ses histoires
Très vite, Bernard... je m'active, je m'active...
Very nice site! »
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